L'autobus sauvé de l’écocentre : Comment Julie a réparé son autobus grâce au Fab Lab

Publié le 24 juin 2026

À Créa3D, nous croyons que rien n’est vraiment brisé tant qu’on n’a pas essayé de le réimaginer. Cette semaine, l’héroïne de notre atelier s’appelle Julie.

Julie est éducatrice dans un service de garde en milieu familial ici, à Québec. Dans sa salle de jeux, trône un magnifique module intérieur en forme d’autobus avec une glissade intégrée. C’est la pièce maîtresse, le quartier général des enfants depuis des années. Mais à force de conduire vers des destinations imaginaires, le volant a fini par rendre l’âme, laissant l’autobus « en panne » et menacé de finir à l’écocentre.
Voici comment, avec un peu de design 3D et beaucoup de détermination, nous avons évité un gaspillage inutile.

L’Inspiration : Redonner vie aux jouets oubliés

Le défi de Julie était de taille : la pièce brisée à l’intérieur du mécanisme du volant n’existe plus en magasin. Le module a plusieurs années et le fabricant ne fournit plus de pièces de rechange. C’est le scénario classique de l’obsolescence qui mène trop souvent nos objets aux vidanges.

Pour les enfants de la garderie, c’était un drame. Pour Julie, c’était l’occasion de montrer qu’au lieu de jeter, on peut réparer. Elle est donc arrivée au Fab Lab avec le volant en morceaux, prête à jouer les mécaniciennes.

La Technique : Précision et itération

La mesure : Le secret est dans le millimètre

Pour reproduire une pièce mécanique qui doit s’insérer parfaitement dans un tube, l’improvisation n’a pas sa place. Nous avons utilisé un pied à coulisse. C’est l’instrument roi du Fab Lab pour prendre des mesures d’une précision chirurgicale (au centième de millimètre). Julie a mesuré la longueur, le diamètre du tube, ainsi que l’emplacement exact des trous de fixation.

La conception : Tinkercad comme table à dessin

Une fois les chiffres en main, direction Tinkercad. Comme nous l’avons mentionné pour d’autres projets, cette plateforme est une perle pour les débutants.

  • Le « Cloud » à votre service : C’est un logiciel 100% web. Pas besoin d’installer de gros programmes lourds sur votre portable; tout est sauvegardé dans le nuage.
  • Logique de formes : On ne dessine pas des lignes complexes, on soustrait des cylindres à des cubes pour créer des trous ou des emboîtements. C’est visuel, intuitif et extrêmement rapide pour prototyper.

L’astuce du « Split » (Couper en deux)

Pour l’impression sur notre Prusa MINI+, nous avons fait un choix technique stratégique : couper la pièce en deux parties identiques sur la longueur.

  • Pourquoi ? Pour la robustesse. En changeant l’orientation de l’objet, on change le sens des couches de plastique. En imprimant à plat, les fibres de plastique sont plus résistantes à la tension exercée par les enfants qui tirent sur le volant.
  • Le remplissage (Infill) : On a augmenté la densité interne à 40 % pour créer une structure « pleine » et solide.
  • Facilité : Imprimer à plat permet aussi de retirer les supports plus facilement, laissant une surface propre pour le collage final des deux moitiés.

 

 

L’erreur constructive (Le « Fail »)

Notre premier essai de 1h30 a révélé un petit calcul trop optimiste : en voulant rendre la pièce trop solide, l’épaisseur intérieure empêchait l’insertion dans le tube d’origine. Pas de panique ! C’est ça, le prototypage. On ajuste le dessin dans Tinkercad, on réduit légèrement l’épaisseur tout en gardant le maximum permis pour la solidité. Deuxième essai : 1h20 plus tard (plus mince = plus rapide !), la pièce s’emboîte parfaitement. L’autobus est sauvé… du moins, c’est ce qu’on croyait.

La durabilité : Apprendre de ses matériaux

Une semaine plus tard, Julie nous écrit : la pièce en PLA n’a pas survécu à l’énergie débordante des enfants.

  • Le PLA (Acide Polylactique) : C’est le filament le plus commun. Il est biodégradable et très facile à imprimer, mais il peut être cassant sous un stress mécanique intense ou des chocs répétés.

Nous avons donc opté pour le PETG.

  • Le PETG (Polyéthylène Téréphtalate Glycolisé) : C’est le cousin du plastique des bouteilles d’eau. Il est beaucoup plus résistant aux impacts, plus flexible (il plie avant de casser) et résiste mieux aux contraintes mécaniques.

Résultat ? Cela fait trois semaines et l’autobus roule toujours ! Julie nous a confirmé par courriel que la pièce tient le coup. Les enfants, ravis, racontent même à leurs parents que « Julie a apporté l’autobus au garage » pour le réparer.

? L’Appel à l’action : Devenez le héros de votre quartier

Comme Julie, vous avez probablement un objet à la maison ou au travail qui mérite une deuxième chance. Ne le jetez pas tout de suite !
Envie de sauver vos objets de l’écocentre ?
• Inscrivez-vous à notre prochain atelier d’initiation (120 min) : Apprenez à utiliser le pied à coulisse et Tinkercad pour redonner vie à vos trésors brisés.
• Apportez vos morceaux : On adore les puzzles mécaniques. Nos mentors sont là pour vous aider à trouver la solution technique, du choix du filament (PLA vs PETG) à l’orientation de l’impression.
Réparer, c’est un acte de création.

Impression 3D